Le dépistage en pratique

Le dépistage organisé du cancer colorectal consiste en la réalisation d’un test immunologique rapide et indolore, à faire chez soi. Si le résultat de ce test est positif (4,5 % des cas), une coloscopie vous sera alors prescrite.

Entre 50 et 74 ans, vous êtes invité.e par courrier, tous les deux ans, à consulter votre médecin traitant afin qu’il vous remette un test de dépistage. Ce courrier vous est envoyé par le CRCDC Hauts de France. Vous pouvez aussi obtenir un kit de dépistage chez votre médecin traitant sans attendre votre lettre d’invitation, à l’occasion d’une consultation.

Votre médecin vous pose les questions qui lui permettront de déterminer votre niveau de risque et vous oriente vers la modalité de dépistage adaptée à votre situation.

 

Le test immunologique

Le test immunologique est un test pratique et efficace qui vise à déceler la présence de sang humain dans les selles. En effet, certains polypes ou cancers provoquent des saignements souvent minimes et donc, difficiles voire impossibles à détecter à l’œil nu.

Ce test, à réaliser chez vous, consiste à prélever un échantillon de selles et à l’envoyer au laboratoire de biologie médicale dont l’adresse est indiquée sur l’enveloppe T fournie avec le test. Un mode d’emploi détaillé et illustré vous est remis avec le test. Pour vous aider à réaliser le test, vous pouvez visualiser la vidéo du mode d’emploi sur notre site internet dans la rubrique « Mode d’emploi du test immunologique ».

Attention : il est essentiel d’indiquer la date à laquelle vous avez réalisé votre test, faute de quoi il ne pourra pas être interprété. Il est également important de l’envoyer sous 24 heures et donc, d’éviter de le poster les veilles de jours fériés.

Le laboratoire vous transmet le résultat de votre test sous 15 jours, avec copies à votre médecin traitant et au CRCDC Hauts de France.

Si vous souhaitez consulter ce résultat sur Internet, inscrivez-vous sur le site www.resultat-depistage.fr.

Votre résultat est négatif (95,5 % des cas) : cela signifie qu’aucun saignement pouvant témoigner de la présence d’un cancer ou de lésions précancéreuses n’a été détecté au moment du test. N’oubliez pas de refaire le test tous les 2 ans.

À noter : certains polypes ou cancers peuvent ne pas être identifiés par le test s’ils ne saignent pas. Consultez votre médecin si des douleurs abdominales ou des troubles digestifs inhabituels et persistants apparaissent, ou en cas de présence de sang dans vos selles.

Votre résultat est positif (4,5 % des cas) : cela ne signifie pas que vous avez un cancer mais que du sang a été détecté dans vos selles. Pour en identifier l’origine, votre médecin vous adressera à un gastroentérologue afin qu’il réalise une coloscopie. Effectué sous anesthésie, cet examen permet de déceler la présence éventuelle de polypes et de les retirer avant qu’ils ne se transforment en cancer. Si un polype a déjà évolué en cancer, plus on le détecte tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Dans plus de la moitié des cas, la coloscopie ne décèle aucune anomalie. Elle détecte un polype dans 30 à 40 % des cas et un cancer dans 8 % des cas.

 

Combien ça coûte ?

Le test et son interprétation sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sans avance de frais de votre part.

À noter : si vous êtes bénéficiaire de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-c) ou de l’aide médicale d’État (AME), vous n’aurez pas d’argent à avancer pour la consultation chez le médecin traitant. Tout sera pris en charge par l’assurance maladie.

 

La coloscopie

La coloscopie, effectuée par un gastroentérologue assisté d’un médecin anesthésiste, constitue l’examen de référence pour visualiser l’intérieur de l’intestin. Il permet aussi de déceler et retirer d’éventuels polypes avant qu’ils n’évoluent en cancer.

Le risque de complications liées à la coloscopie existe mais il est rare. Outres les risques liés à toute anesthésie, celui de complications est de l’ordre de 1 à 4,5 pour 1.000 coloscopies réalisées, avec un risque plus important à partir de 70 ans. Le risque de décès est estimé entre 1 pour 18.000 coloscopies et 1 pour 10.000 coloscopies. Il est accru après 75 ans.

Le fait de réaliser une coloscopie vous rend inéligible au programme de dépistage organisé pour une durée de 5 ans. Le médecin traitant ou le gastroentérologue vous préciseront les modalités de surveillance adaptées à votre cas.